NAJI HAKIM
NAJI HAKIM

Le Bien-Aimé

Title, Duration, Place, Year, Publisher, Dedicated to, Premiere (performer(s), place, date)

LE BIEN-AIMÉ, Suite symphonique, - 1. J'ai trouvé celui que mon coeur aime, 2. Notre joie et notre allégresse, 3. Viens, mon Bien-Aimé, 4. Avant que souffle la brise du jour, 5. Son aspect est celui du Liban, sans rival, comme les cèdres, 6. Ses traits sont des traits de feu, 7. Voici qu'il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines, 15', Chatou, 2001, Leduc, à la Bien-Aimée, John Browne, Berkhamsted Collegiate School, UK, 02.12.01

 

Le Bien-Aimé est une suite de sept paraphrases grégoriennes destinée à alterner avec les Grandes antiennes "O" du temps de l'Avent.

 

Les pièces commentent la matière musicale et littéraire des antiennes et affirment par leurs titres, extraits du Cantique des cantiques, ainsi que par leur caractère, une foi amoureuse dans le Bien-Aimé.

 

Le mouvement initial, J'ai trouvé celui que mon cœur aime (Ct. 3, 4), déclame la mélodie grégorienne dans une registration et un caractère doux en figurant, comme dans l'ensemble du cycle, les reliefs du texte. Le volet suivant, Notre joie et notre allégresse (Ct. 1, 4), s'enchaîne dans un contraste violent. La déclamation énergique de "O Adonai" sert de ritournelle, la formule trochaïque souligne les mots "dux domus Israel", le groupement de mesures 4/4, 2/8 (10 croches obstinées) figure les Tables de la Loi, les accords alternés évoquent le buisson ardent "in igne flammae rubi apparuisti" et enfin l'arpège final traduit les mots "in brachio extento". C'est avec insistance, comme dans un appel amoureux, que la lente introduction de Viens, mon Bien-Aimé (Ct. 7, 12) grave le rythme de "O Radix Jesse". Flûte, bourdon, quintaton, clarinette et cornet vont se succéder pour traduire dans différents registres la supplication de la Bien-Aimée. Un épisode obstiné en marche ascendante de plus en plus animé et en crescendo sur "quem gentes deprecabuntur", s'épanouit dans un joyeux développement de la formule mélodique "Veni" avant la douce coda qui rappelle l'introduction. Avant que souffle la brise du jour (Ct. 2, 17) s'ouvre, ondoyant, par des arpèges ascendants qui alternent avec les appels du veilleur sur le rythme de "O Clavis David". Puis le chant grégorien apparaît en filigrane à la main gauche, accompagné par une mélodie d'accords qui évolue sous la forme « bar » (AAB). La formule mélodique de "Veni" sera développée ici en ostinato. Une ligne qui part de l'extrême grave vers l'aigu souligne la phrase "Veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis". La conclusion reprend les échos d'arpèges du début. "O Oriens" est à l'origine du mouvement suivant, Son aspect est celui du Liban, sans rival, comme les cèdres (Ct. 5, 15). Écriture monodique, modalité orientale, mesures irrégulières, registration à base de jeux d'anches, utilisation percussive de l'instrument marquent l'originalité de cette pièce. Les citations du "Lumen Christi" de la veillée pascale répondent de manière résolue à "illumina sedentes in tenebris et umbra mortis" de l'antienne. Ses traits sont des traits de feu (Ct. 8, 6) martèle le grave de l'instrument par des accords écrasés et des groupes appoggiatures lancés dans un rythme trochašque. Un épisode martial, bâti sur "Veni, et salva hominem, quem de limo formasti", articule le centre de cette paraphrase dans une joie débordante. Le mouvement s'achève par une vigoureuse réexposition sur le tutti. Le final, Voici qu'il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines (Ct. 2, 8), transfigure le thème de plain-chant par le tempo très vif, la rythmique, la tonalité majeure, l'ornementation ainsi que par les brillants arpèges descendants et le caractère enjoué.

 

Naji Hakim

 

 

Preface

 

Le Bien-aimé (The Beloved) is a suite of seven Gregorian paraphrases intended to alternate with the Great "O" antiphons for Advent.

 

The pieces comment the musical and textual material and affirm by their titles, extracted from the Song of Solomon, as well as by their character, a loving faith in the Beloved.

 

The opening movement, J'ai trouvé celui que mon cœur aime (I found him whom my soul loveth, Ct. 3, 4), declames the Gregorian chant in a registration and character that follows, as in all the cycle, the contours of the text. The following movement, Notre joie et notre allégresse (Our joy and gladness, Ct. 1, 4) is in strong contrast. The energetic declamation of "O Adonai" is used as a ritornello, a trochašc rhythm underlines the words "dux domus Israel", the grouping of bars 4/4, 2/8 (10 ostinato quavers) represents the Ten Commandments, the alternating chords evoke the burning bush ("in igne flammae rubi apparuisti") and the concluding arpeggio expresses "in brachio extento". It is with insistance, as in a loving appeal, that the slow introduction of Viens, mon Bien-Aimé (Come, my beloved, Ct. 7, 12) measures out the rhythm of "O Radix Jesse". Successively, flute, stopped diapason, quintaton, clarinet and cornet express, in different registrations, the supplication of the Bride. A repetitive episode in ascending, increasingly animated sequences on "quem gentes deprecabuntur", blossoms out in a joyous development of the melodic formula "Veni" before a soft coda recalling the introduction. Avant que souffle la brise du jour (Until the day break, Ct. 2, 17) opens with ascending arpeggios alternating with the nightwatchman's summons to the rhythm "O Clavis David". Then the plainsong appears in filigree in the left hand accompanied by a chordal melody evolving in 'bar form' (AAB). The melodic formula of "Veni" is then developped in ostinato. A line reaching from the bass to the treble underlines the sentence "Veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis". The conclusion recalls the echoing arpeggios of the opening. "O Oriens" inspired the following movement, Son aspect est celui du Liban, sans rival, comme les cèdres (His countenance is as Lebanon, excellent as the cedars, Ct. 5, 15). A monodic texture, oriental modality, irregular barrings, a registration based on reeds, and a percussive use of the organ constitute the originality of this piece. The quotations of "Lumen Christi" from the Easter vigil answer in a resolute way the "illumina sedentes in tenebris et umbra mortis" of the antiphon. Ses traits sont des traits de feu (The coals thereof are coals of fire, Ct. 8, 6) hammers the basses with clustered chords, appoggiatura groups are thrown off in trochašc rhythms. An episode based on "Veni, et salva hominem, quem de limo formasti" articulates the centre of this paraphrase with exuberant joy. The movement concludes with a vigorous tutti recapitulation. The finale, Voici qu'il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines (Behold, he cometh leaping upon the mountains, skipping upon the hills, Ct. 2, 8), transfigures the plainchant with its very lively tempo, rhythm, major tonality, ornamentation, as well as with its brilliant descending arpeggios and playful character.

 

Naji Hakim

Translation by John Browne

 

 

Vorwort

 

Le Bien-Aimé : Es handelt sich dabei um eine Suite von sieben Bearbeitungen gregorianischer Melodien, die im Wechsel mit den großen O-Antiphonen der Adventszeit erklingen.

 

Die einzelnen Stücke kommentieren den musikalischen und literarischen Stoff der Antiphonen. Ihre Titel, die aus dem Hohelied des Salomo stammen, aber auch ihr spezifischer Charakter sind beschwörender Ausdruck einer treuen Liebe zum Geliebten.

 

Im ersten Satz, J'ai trouvé celui que mon cœur aime (Da fand ich, den meine Seele liebt, Hoheslied 3, 4), wird die gregorianische Melodie durch eine zurückhaltende Registrierung sehr behutsam eingeführt. Die wichtigen Textstellen werden besonders hervorgehoben - genau wie in den andern Sätzen des Zyklus. Der darauf folgende Satz, Notre joie et notre allégresse (Jauchzen wollen wir und deiner uns freuen, Hl 1, 4), schließt mit einem scharfen Kontrast an. Die ausdrucksstarke Deklamation des "O Adonai" dient hier als Ritornell, während die trochäische Wendung die Worte "dux domus Israel" verdeutlicht und die Taktgruppe 4/4, 2/8 (zehn ostinate Achtelnoten) die zehn Gebote symbolisiert; die alternierenden Akkorde stehen für den brennenden Dornbusch ("in igne flammae rubi apparuisti"), und das abschließende Arpeggio überträgt die Worte "in brachio extento". Die Nachdrücklichkeit, die in der langsamen Einleitung des Viens, mon Bien-Aimé (Komm, mein Geliebter, Hl 7, 12) den  Rhythmus von "O Radix Jesse" prägt, erinnert an das Flehen eines Verliebten. Flöte, Gedackt, Quintaton, Klarinette und Cornet werden einander folgend eingesetzt, um in den verschiedenen Registern das Bitten der Geliebten darzustellen. Nach einem immer lebhafter werdenden, aufsteigenden Ostinato mit einem Crescendo über "quem gentes deprecabuntur" entfaltet sich die heitere melodische Wendung "Veni", bevor eine zarte Coda an die Einleitung erinnert. Der Satz Avant que souffle la brise du jour (Ehe der Tagwind weht, Hl 2, 17) wird durch wogende, aufsteigende Arpeggien eröffnet, die sich mit den Rufen des Wächters über dem Rhythmus von "O Clavis David" abwechseln. Die linke Hand deutet den gregorianischen Gesang an, der von einer aus Akkorden geformten Melodie in Barform (AAB) begleitet wird. Hier wird die melodische Wendung des "Veni" ostinat fortgesponnen. Eine aus der extremen Tiefe bis in die Höhe aufsteigende Linie verdeutlicht den Satz "Veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis". Die Schlußgruppe nimmt die Arpeggien-Echos des Anfangs wieder auf. "O Oriens" macht den Anfang des nächsten Satzes, Son aspect est celui du Liban, sans rival, comme les cèdres (Wie der Libanon ist seine Gestalt, ohnegleichen wie Zedern, Hl 5, 15). Einstimmigkeit, orientalisch gefärbter Modus, unregelmäßige Taktarten, eine auf Zungenstimmen gründende Registrierung und der Einsatz der Orgel als Schlaginstrument machen die Originalität dieses Stücks aus. Die Zitate aus dem "Lumen Christi" der Osterwache sind die entschlossene Antwort auf das "illumina sedentes in tenebris et umbra mortis" der Antiphon. Im folgenden Satz, Ses traits sont des traits de feu (Ihre Brände sind Feuerbrände, sind Flammen Jahwes, Hl 8, 6), erklingen, Hammerschlägen gleich, abgehackte, tiefe Akkorde und Appogiaturen-Gruppen in Trochäen. Ein ungestümer Abschnitt über "Veni, et salva hominem, quem de limo formasti" markiert in überschwenglicher Freude den Mittelpunkt dieser Paraphrase. Der Satz endet mit einer dezidiert eintretenden Reprise mit vollem Werk. Im Finale, Voici qu'il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines (Sieh da, er kommt, springend über die Berge, hüpfend über die Hügel, Hl 2, 8), kommt es zu einer Überhöhung des gregorianischen Gesangs, die durch ein sehr lebhaftes Tempo, durch die Rhythmik, die Dur-Tonart, die Verzierungen sowie durch strahlende, absteigende Arpeggien und schließlich den heiteren Charakter bestimmt wird.

 

Naji Hakim

Übersetzung: Irene Weber-Froboese

 

 

 

El Amado

Suite sinfónica para órgano

 

Prefacio

 

La suite El Amado se compone de siete parŒfrasis gregorianias destinadas a alternar con las grandes Antífonas "O" de Adviento.

 

Estas piezas comentan la materia musical y literaria de las Antífonas, y tanto con sus títulos, procedentes del Cantar de los Cantares, como con su carŒcter, afirman su fe amorosa en el Amado.

 

El movimiento inicial, J'ai trouvé celui que mon cœur aime (He hallado al que ama mi corazón, Ct. 3, 4), declama la melodía gregoriana con un registro y un caracter moderado, figurando, como en todo el ciclo, los sucesivos relieves del texto. La parte siguiente, Notre joie et notre allégresse (Nuestro gozo y alegría, Ct. 1, 4), enlaza con violento contraste. La declamación enérgica de "O Adonai" sirve de estribillo, la fórmula trocaica subraya las palabras "dux domus Israel", el grupo de compases de 4/4 y 2/8 (10 corcheas obstinadas) figura las Tablas de la Ley, los acordes alternos evocan la zarza ardiendo "in igne flammae rubi apparuisti", y por último el arpegio final refleja las palabras "in brachio extento". Insistente como una llamada de amor, la lenta introducción de Viens, mon Bien-Aimé (Ven, Amado mío, Ct. 7, 12) graba el ritmo de "O Radix Jesse". Los diferentes registros de flauta, tapadillo, quintatón, clarinete y corneta se sucederán para expresar la súplica de la Amada. Un episodio en forma de marcha ascendente obstinada, en crescendo, cada vez más movido, sobre las palabras "quem gentes deprecabuntur", cunde en un gozoso desarrollo de la fórmula melódica "Veni", antes de llegar a la dulce coda que recuerda la introducción. Avant que souffle la brise du jour (Antes que sople la brisa de la mañana, Ct. 2, 17) se abre, como un ondear, con los arpegios descendentes que alternan con las llamadas del velador, sobre el ritmo de "O Clavis David". A continuación aparece en filigrana el canto gregoriano en la mano izquierda, acompañado por una melodía de acordes que va evolucionando por debajo de la "barforme" (AAB). La fórmula melódica de "Veni" va a desarrollarse aquí en "ostinato". Desde el extremo grave hasta el agudo se dibuja una línea que subraya la frase "Veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis". La conclusión retoma los ecos de arpegios del comienzo. "O Oriens" da origen al movimiento siguiente. Son aspect est celui du Liban, sans rival, comme les cèdres (Es su porte el del Líbano, sin rival, como los cedros, Ct. 5, 15). Escritura monódica, modalidad oriental, compases irregulares, registración basada en el juego de lengüetas, uso del instrumento a la manera de la percusión, son las características que marcan la originalidad de esta pieza. Las citas del "Lumen Christi" de la velada pascual responden con determinación a "illumina sedentes in tenebris et umbra mortis" de la antífona. Ses traits sont des traits de feu (Sus dardos son de fuego, Ct. 8, 6) golpea los graves del instrumento con acordes pesados y grupos de apoyaturas lanzados en un ritmo trocaico. Un episodio marcial, construido sobre "Veni, et salva hominem, quem de limo formasti", articula el centro de esta parafrasis con una alegría desbordante. Se termina el movimiento en una vigorosa reexposición sobre el tutti. El final, Voici qu'il arrive sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines (Vedlo que llega saltando por los montes, triscando por los collados, Ct. 2, 8), transfigura el tema de canto llano gracias al tempo, muy vivo, la rítmica, el tono mayor y la ornamentación, así como los brillantes arpegios descendentes y el caracter jovial.

 

Naji Hakim

 

Traducción por Alfredo de los Cobos

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