NAJI HAKIM
NAJI HAKIM

TIBAAQ for triple choir, flute, organ (or piano), takht (naï, quanoun, oud, riq, daf, darbouka) 

Title, Duration, Place, Year, Publisher, Dedicated to, Premiere (performer(s), place, date)

TIBAAQ for triple choir, flute, organ (or piano), takht (naï, quanoun, oud, riq, daf, darbouka), 6', Chatou, 2018, Schott, Très respectueusement dédié à mon vénéré père, Subhy Elias Amine Hakim, Choeur Amwaj de Palestine, Les Petits Chanteurs de Lyon, Quatre musiciens de la Philharmonie de Palestine (Mohamed Najem, Khalil Khoury, Yosef Khalifi, Youssef Hbeish), Direction: Mathilde Vittu, Thibaut Louppe et Nicole Corti, église de l'Annonciation, Lyon, 30.06.18

 

 


Tibaaq (contrepoint), sur un poème de Mahmoud Darwish est une œuvre d’intérêt pédagogique pour triple chœur, orgue (ou piano) et instruments ad libitum comprenant (flûte et takht (instruments traditionnels arabes : nay, oud, qanoun, riq, daff et darbouka) commandée à Naji Hakim par Les Petits Chanteurs de Lyon et le chœur d’enfants Amwaj de Palestine dans le contexte d’un échange culturel entre la France et la Palestine. 

Nomenclature détaillée : 
Chœur-école (2 voix égales), Chœur maîtrisien (2 voix égales), Chœur de jeunes (4 voix mixtes), Flûte, Orgue, Oud, Qanun, Nay, Percussions (daff, riq, darbuka)

Création mondiale : Église de l’Annonciation (Lyon), 30 juin 2018
Interprètes : Chœur d’enfants Les Petits Chanteurs de Lyon (30 enfants de 11 à 13 ans), Chœur de jeunes Les Petits Chanteurs de Lyon (30 enfants de 14 à 17 ans), Chœur d’enfants Amwaj de Palestine (60 enfants de 8 à 17 ans), Quatre musiciens de la Philharmonie de Palestine, deux musiciens et trois chefs de chœur français (Nicole Corti, Thibaut Louppe, Mathilde Vittu).
L’œuvre sera créée dans le cadre de la tournée en France du chœur-école palestinien Amwaj, tournée coordonnée par la Philharmonie de Palestine (dir. Michele Cantoni).

Texte :
Mahmoud Darwich est un poète palestinien de renommée internationale qui, depuis la Galilée jusqu’au Liban avant l’établissement à Paris et le retour en Palestine, a suivi une route similaire à celle de la famille du compositeur. En 2005, le poète rend hommage à Edward Saïd dans un texte intitulé « Contrepoint » (Tibaaq en arabe). De ce texte, nous avons tiré un extrait qui met en avant l’idée d’« identité plurielle », fruit d’un « libre périple entre les cultures ».

Texte original :
 ،انا من هناك.  انا من هنا
ولست هناك، ولست هنا 
لي اسمان يلتقيان ويفترقان
ولي لغتان، نسيت بايهما
كنت احلم،
لي لغة انكليزية للكتابة
طيعة المفردات،
ولي لغة من حوار السما
مع القدس

انا اثنان في واحد
كجناحي سنونوّة
ان تاخّر فصل الربيع
اكتفيت بنقل البشارة

Traduction :
Extrait de « Contrepoint », dans DARWICH, Mahmoud, Comme des fleurs d’amandier ou plus loin, traduction : Élias SANBAR, Arles, Actes Sud, 2007, p. 125-126 :

Je suis deux en un,
telles les ailes d’une hirondelle
si le printemps vient à tarder
je me contente de porter la bonne nouvelle.

… Je suis de là-bas. Je suis d’ici
et je ne suis pas là-bas ni ici.
J’ai deux noms qui se rencontrent et se séparent,
deux langues, mais j’ai oublié laquelle était celle de mes rêves.
J’ai, pour écrire, une langue au vocabulaire docile, (anglaise)
et j’ai une autre, venue des conversations du ciel avec la Ville Sainte (Jérusalem)…
 
Note d’intention : 
Dans l’œuvre de Naji Hakim, le texte original, en arabe, entre en contrepoint avec le texte traduit en français par Élias Sanbar : « Le poème traduit n’est plus la seule propriété de son auteur, mais aussi celle de son traducteur, qui devient également son poète. » (Darwich, 2000). Les musiques des langues dialoguent pour finalement se confondre. 
Les trois chœurs apparaissent séparément avec un chef pour chacun. Se créent des oppositions, des dialogues successifs entre les chœurs, alternativement français, palestiniens, à voix égales ou à voix mixtes. Progressivement, le dialogue mène à une convergence vers deux chœurs puis vers un seul chœur. L’unité est trouvée lorsque les 120 chanteurs forment un tout cohérent dirigé par un seul chef. L’autre est multiple, l’unité reste multiple.
À l’instar des chanteurs qu’ils soutiennent, la Flûte, l’Orgue et le Takht (Oud, Kanoun, Nay, Percussions) s’opposent, tour à tour avant de trouver des tissages entre les langues musicales, avant de se confondre en une musique de l’au-delà. 

Mathilde Vittu

 


Program note

Naji Hakim, TIBAAQ (2018)

Tibaaq (counterpoint), on a poem by Mahmoud Darwish is a work of pedagogical interest for triple choir, organ (or piano) and ad libitum instruments including : flute and takht (traditional arabic instruments : nay, oud, qanoun, riq, daff and darbouka) commissioned to Naji Hakim by Les Petits Chanteurs de Lyon and the children choir Amwaj of Palestine in the context of a cultural exchange between France and Palestine. contexte d’un échange culturel entre la France et la Palestine. 

Choirs and instrumentation: 
School choir (2 equal voices), Children choir (2 equal voices), Youth choir (4 mixed voices), Flute, Organ, Oud, Qanun, Nay, Percussions (daff, riq, darbuka)

World premiere : Église de l’Annonciation (Lyon), 30 june 2018
Performers: Children choir Les Petits Chanteurs de Lyon (30 children 11 to 13 years old), Youth choir Les Petits Chanteurs de Lyon (30 children 14 to 17 years old), Children choir Amwaj of Palestine (60 children 8 to 17 years old), Four musicians from Philharmonie de Palestine, two musicians and three French choir conductors (Nicole Corti, Thibaut Louppe, Mathilde Vittu).
The work will be premiered as part of a tour of the Palestinian school choir Amwaj coordinated by the Philharmonie de Palestine (dir. Michele Cantoni).

Text :
Mahmoud Darwich is an internationally renowned Palestinian poet, who, from Galilee to Lebanon, before settling in Paris and returning to Palestine, followed a path similar to that of the composer’s family. In 2005, the poet pays homage  to Edwrd Saïd in a text entitled « Counterpoint » (Tibaaq in arabic). From this text, we have drawn an excerpt that puts forward the idea of « plural identity », fruit of a « free journey between cultures ».

Texte original :
،انا من هناك.  انا من هنا
ولست هناك، ولست هنا 
لي اسمان يلتقيان ويفترقان
ولي لغتان، نسيت بايهما
كنت احلم،
لي لغة انكليزية للكتابة
طيعة المفردات،
ولي لغة من حوار السما
مع القدس

انا اثنان في واحد
كجناحي سنونوّة
ان تاخّر فصل الربيع
اكتفيت بنقل البشارة

Translation in French :
Excerpt from  « Contrepoint », in DARWICH, Mahmoud, Comme des fleurs d’amandier ou plus loin, translation : Élias SANBAR, Arles, Actes Sud, 2007, p. 125-126 :

Je suis deux en un,
telles les ailes d’une hirondelle
si le printemps vient à tarder
je me contente de porter la bonne nouvelle.

… Je suis de là-bas. Je suis d’ici
et je ne suis pas là-bas ni ici.
J’ai deux noms qui se rencontrent et se séparent,
deux langues, mais j’ai oublié laquelle était celle de mes rêves.
J’ai, pour écrire, une langue au vocabulaire docile, (anglaise)
et j’ai une autre, venue des conversations du ciel avec la Ville Sainte (Jérusalem)…
 
Statement of intent : 
In the work of Naji Hakim, the original text, in Arabic, is developped in counterpoint with its French translation by Élias Sanbar : « Le poème traduit n’est plus la seule propriété de son auteur, mais aussi celle de son traducteur, qui devient également son poète. » "The translated poem is no longer the property of its author only, but also of his translator, who also becomes its poet." (Darwich, 2000). The music of the distinct languages dialogue and then blend and become one. 
The three choirs appear separately with distinct conductors. Oppositions and successive dialogues alternate between the choirs, in French, Palestinian, at equal or mixed voices. Gradually, the dialogue leads to a convergence towards two choirs then to a single one. The unity if found when the 120 singersform a coherent whole headed by a single conductor. The other is plural, unity remains plural. 
Like the singers they accompany, the Flute, the Organ and the Takht (Oud, Kanoun, Nay, Percussions) are superimposed in varied counterpoint, before finding weavings between the musical languages, before becoming a same one, in a music of the above. 

Mathilde Vittu